vendredi 24 mars 2017

[Chronique]Je me suis tue de Mathieu Menegaux






Titre : Je me suis tue

Auteur : Mathieu MENEGAUX

Genre :  Drame

Thèmes abordés : viol, secret

Année de parution : 2015








Résumé

Du fond de sa cellule de la maison d'arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.
Cette tragédie moderne est servie par une narration fluide et efficace.

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Mon avis

Comment parler de cette pépite sans en dévoiler l'intrigue....
Claire nous raconte, depuis sa cellule de prison, son histoire. L'histoire qui l'a conduite ici alors même que c'est une femme accomplie, un mari aimant, une vie sociale remplie, un travail qui lui plait.
Mais un soir, alors qu'elle rentrait seule, elle est violée.
Ce viol, elle le gardera pour elle, elle n'ira pas se plaindre auprès de la police, elle n'en parlera pas même à son mari. Si elle n'en parle pas, c'est comme si ça n'avait pas eu lieu... non ?
Cette décision, de se taire, est le point de départ d'une chute de dominos.
Les jours, les semaines, les mois passent et elle s'enfoncent dans ce secret qui, loin de la libérer, l'enferme encore plus profondément dans les méandres de son non-dit, jusqu'au point de non retour.

Comment une femme violée peut se retrouver en prison ? C'est finalement la question qu'on se pose sur toute la durée du roman puisque la réponse n'arrive qu'aux 3/4 du livre et pourtant, ce n'est rien comparé au dénouement final....

Un (premier) roman absolument sensationnel, une plume d'un grande qualité. Je vais suivre ses prochaines sorties de très près....

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Incipit

La porte vient de se refermer derrière moi. J’attends le claquement coutumier du verrouillage électronique, et voilà. Je suis tranquille, jusqu’à demain matin, 7 heures. Tranquille, façon de parler : il suffit de faire abstraction des plaintes des nouvelles arrivées, du grincement des œilletons qui coulissent et des éclairs de lumière dans la cellule toutes les trois heures. D’en face, du grand quartier des hommes, me parvient le raffut angoissant et obsédant du bâton des surveillants qui tape et retape méthodiquement sur les barreaux des fenêtres avant la nuit, pour s’assurer qu’ils n’ont pas été sciés. Routine de l’administration, qu’elle applique avec zèle. Pas vraiment une berceuse.

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