dimanche 14 juin 2015

[Chronique] Mémoire de ma mémoire de Gérard Chaliand

Infos Livre




Titre : Mémoire de ma mémoire

Auteur : Gérard Chaliand

Année de parution : 2003

Genre : Récit











Résumé

La mémoire de ma mémoire n'est pas ce que j'ai vécu mais ce dont j'ai hérité. l'écho d'un passé. Elle est la partie immergée de mon histoire. l'amont nocturne de ma sage. le caillot que j'avais dans le poing le jour de ma naissance et dont, enfant, on m'a transis la tragédie.
Et ce que j'ai voulu oublier.

Mon avis

Mémoire de ma mémoire évoque l'histoire du génocide arménien. Génocide qui décima les 2/3 de la population arménienne entre 1916 et 1923. Génocide dont je n'avais jamais entendu parler (et je ne dois pas être la seule).
Mémoire de ma mémoire m'a donc plongé dans l'horreur de la guerre. Les témoignages retranscrits par G. Chaliand sont pour certains vraiment très très durs. On peut difficilement rester de marbre devant une telle horreur et j'avais, quelque part, un petit peu honte de n'avoir aucune idée de ce passé terrible.
Mémoire de ma mémoire m'a ouvert les yeux et m'a donné envie de découvrir un peu plus l'histoire de ce peuple littéralement massacré.

Ce récit est divisé en plusieurs parties

1er chapitre : "jadis là-bas" est une introduction historique qui donne le la immédiatement "Maintenant que tout le monde est mort, il est temps de se souvenir" On y évoque les massaces de 1895, la révolution Jeune-Turque de 1908, la guerre de 1914.... On pose les jalons de l'histoire à venir.

Chapitre 2 : "Le siège de Hadjine" en 1920. 7 mois de siège.

Chapitre 3: "Le geste des combattants" entre 1890 et 1908. Chapitre dans lequel est évoqué entre autres, le drame de 3000 fidèles réfugiés dans une cathédrale et qui furent brûlés vifs.
"Quelqu'un a crié : "On met le feu!"(...) on a bientôt entendu le chant se transformer en hurlements tandis que sonnaient les cloches à toute volée"

Chapitre 4 : ""Le charnier natal de 1915-1916. Les témoignages de ce chapitre dépassent l'entendement. Ils sont choquants, terrible. L'idée que ces choses aient pu exister (existent encore dans d'autres parties du monde !) est juste inconcevable.

Chapitre 5 : "Une dette de sang" de 1918 à 1922. C'est l'opération Némésis qui est évoquée. Opération de vengeance, menée pour exécuter plusieurs responsables de ce génocide.

Chapitre 6 : "Envoi". Ici et maintenant. La conclusion et l'explication de Chaliand sur son désir de ce souvenir. "Il faut que les mots soient gravés. Ce qui n'a pas été consigné n'existe pas. Cette stèle est dédiée à ces victimes sans armes (...).

Cette sombre page de l'histoire, méconnue, mérite d'être connue. L'horreur des génocides n'a pas commencé  avec la Shoah. Loin s'en faut. Le peuple arménien a aussi payé son obole.

Lire ce récit a été pour moi très instructif mais aussi émouvant et révoltant. Je ne peux pas dire, au vu du thème, que j'ai passé un "agréable" moment dans cette lecture mais incontestablement, elle m'a enrichi, elle m'a appris des choses.

je n'aime pas beaucoup donner une "note" aux récits, aux témoignages. Ils évoquent la douleur, le besoin de se souvenir, d'écrire sa souffrance. Ca ne se note pas.

Mais c'est un livre que je conseille. Il est court, il nous apprend beaucoup sur un morceau de l'histoire dont on entend pas parler.

je dois néanmoins reconnaître que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. N'y connaissant pas les tenants et les aboutissants, entrer dans le récits fut un peu difficile. Mais une fois dedans, on est vraiment plongé dans ce devoir de mémoire.
Le style est un peu particulier : on jongle entre les témoignages et les explications de l'auteur. Le fil de l'histoire m'a semblé parfois un peu décousu. J'imagine qu'en connaissant la chronologie des faits, ce récit est plus "facile" à appréhender.


Je remercie grandement les éditions Points ainsi que Livr'addict pour m'avoir permis de découvrir cette lecture et de vous en partager mon ressenti.

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