vendredi 3 octobre 2014

[Chronique] Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier

Résumé : Vus de l'extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings... Mais le jour où les skateurs s'en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c'est Samy qui s'est interposé et lui a sauvé la mise. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés, et que l'histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire.
C'était la première fois que quelqu'un le touchait avec autant de douceur...


Mon avis : Voilà une lecture qui m'a bien tourneboulé. Dam est un adolescent terriblement mal dans sa peau. Il n'arrive pas à se faire une place dans sa famille, il est effacé, se fait agresser à la moindre occase par le groupe de skatteurs et voilà qu'en plus, il tombe amoureux de son ami, un garçon.  Et si à l'extérieur, c'est un gamin qui semble calme, timide, effacé, à l'intérieur, c'est une véritable cocotte minute de sentiments qui ne demande qu'à s'exprimer. Mais le seul moyen qu'il a trouvé pour cela, c'est la scarification : se faire des saigner pour faire sortir toute cette pression qu'il a en lui.
L'auteure a vraiment bien rendu cette double face : ce bouillonnement intérieur contre son calme apparent.
De nombreux sujets plus ou moins durs sont traités : la dépression, l'anorexie, l'automutilation, la gestion de son homosexualité quand on a 16 ans (et l'homophobie...)
Dans une certaines mesure, le délit de sale gueule aussi est évoqué puisque Sammy est tenu pour responsable du mal-être de Dam simplement parce qu'il est gothique alors que finalement, il est le seul a tout faire pour rendre Dam heureux et l'aider à extérioriser son mal-être.
On trouve aussi la thématique de la relation parents/enfants qui est un véritable gâchis dans ce livre et c'est vraiment terrifiant à lire quand on est soit-même parent. 

Concernant la fin, je n'arrive pas trop à savoir si j'ai aimé ou pas.
Oui, j'ai aimé le côté "double-fin", fin alternative. On a le choix^^
Non, je n'ai pas aimé avoir le choix entre une fin absolument dramatique, terrible, horrible et une fin (presque) "bisounours".


Au niveau du style, il faut s'accrocher : on est un peu dans la tête de Dam et ses pensées ont tendance à se bousculer. Par ailleurs, il n'y a pas de ponctuations propres aux dialogues, ce qui peut rendre la lecture un peu pénible par moments.  Ça m'a rappelé dans une certaine mesure, le style qu'on a dans "Le monde de Charlie"

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