mardi 23 septembre 2014

[Chronique]Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Résumé : Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C'est après une éprouvante traversée de l'Océan pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. À la façon d'un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées... leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre et la détention dans les camps d' internement – l'État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.



Avis : Ce livre m'a beaucoup plus car il touche une partie de l'histoire japonaise que je méconnais. Ce fut donc pour moi très insctructif d'avoir le point de vue de ces femmes immigrées aux Etats-Unis.
La narration est particulière car c'est le "nous" qui parle. Cela renforce cette sensation de grand nombre mais aussi de fusion : ces femmes ne font qu'une.
Il n'y a pas vraiment de fils conducteur si ce n'est lévolution chronologique  le voyage en bâteau, la découverte des maris, la désillusion, la naissance de leurs enfants, le travail dans les champs, l'exode etc etc...
Il n'y a pas de repères historiques non plus (si ce n'est une vague référence de temps en temps ), cela donne le sentiments que ces japonais évoluent bon gré mal gré sans vraiment avoir la notion de ce qui se passe dans le monde. On les sent quelque peu blasés. Ils survivent plus qu'ils ne vivent.
Ce livre est très court.
Bien que très interessant, je pense que s'il avait été plus long, il aurait perdu de son intérêt car certains passages sont des suites d'exemples, des énumérations qui n'en finissent pas pendant plusieurs pages et qui sont rapidement indigestes, lassants.
Mais dans l'ensemble, la lecture m'a été agréable et j'ai appris beaucoup sur le quotidien, le destin de ces femmes, de ces familles japonaises dans les Etats-Unis des années 20 et 30.

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