jeudi 21 août 2014

[Chronique]Moi, on ne m'a jamais demandé comment j'allais de Marie Fugain

Résumé : 18 mai 2002. Laurette vient de quitter ce monde dans les bras de sa grande soeur. La famille est ravagée, les amis arrivent, tous s'apitoient sur la douleur des parents, sur son petit frère Alexis, si jeune pour un tel drame.... Et Marie, elle n'a pas mal, elle ? Elle l'aînée, la belle fiancée de vingt-huit ans, la vivante : pas de quoi se plaindre, sans doute... Personne ne lui a demandé comment elle allait, ni ce jour-là, ni après.
Et cet « après » a duré des années.
Des années à subir les ravages d un chagrin que chacun garde pour soi et compense comme il peut. « Je suis mort(e) avec Laurette », disent les parents. Ah bon ? Et moi, et Alexis, on est orphelins, en plus ? Une maman qui se consacre au don de plaquettes dans une association admirable, « mais qui m'a volé et ma mère et ma soeur ». Laurette, icône de la leucémie ? Marie, dans son souvenir, la veut pleine de vie, farceuse, « chiante » parfois (mais oui !). Et si forte, dans sa lutte ultime... Elle disparaît et tout s'effondre. La tribu Fugain éclate, le chef de famille s enferme dans la musique, puis fuit la maison mausolée... Marie ne sait plus où elle en est.
« Ah, comme j aurais voulu qu il y ait un mode d'emploi ! Comment réussir sa vie en vingt leçons, sans traumatiser par sa tristesse son mari, ses enfants, sans haïr un père qui se reconstruit ailleurs et laisse une mère éplorée qui se change les idées en côtoyant tout le malheur du monde ? »
Marie a fini par trouver. Mais cela lui a pris dix ans.


Avis : Je suis dans une phase témoignage en ce moment mais je crois que ce titre va clotûrer cette série. Marie Fugain est souvent bouleversante dans cet ouvrage. La description qu'elle fait de la mort de sa soeur m'a arraché des larmes. L'histoire de cette famille littéralement ravagée par ce drame, le déclencheur d'autres, ne peut laisser indifférent et Marie a bien su exprimer son chagrin, sa colère mais aussi sa rage de surmonter tout ça. Mais elle raconte aussi plein de moment drôles, beaux, émouvants (j'ai par exemple, aimé le passage ou elle raconte le début de son idylle avec celui qui deviendra son mari, ça donne de la légèreté). Ce récit est aussi l'occasion de voir comment chacun gère cette perte : Michel Fugain s'est réfugié dans la musique et a rencontré une autre femme, Stéphanie Fugain se consacre corps et âme à l'association "Laurette Fugain"...
Cette famille a du beaucoup supporter dans les années qui ont suivi la décès de Laurette (décès, divorce, suicide...) on ne peut que compatir.


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