samedi 16 août 2014

[Chronique] Il a jamais tué personne, mon papa de Jean-Louis Fournier

Résumé : C'est l'histoire d'un papa singulier, racontée par son fils sur le mode de la simplicité et de la naïveté. Un papa qui est docteur dans une ville de province, qui soigne des gens qui ne le payent pas mais lui offrent toujours à boire ; un papa qui finit ses journées fatigué et saoul, plus porté sur la bouteille que sur l'ordonnance ; un papa qui se cache derrière le piano de son cabinet, blagueur insupportable, à la fois j'menfoutiste et irresponsable, distrait, oubliant sa voiture dans un champ de betteraves ; un papa colérique qui menace de tuer la maman, "pas méchant, seulement un peu fou quand il avait beaucoup bu. Il a jamais tué personne, mon papa, il se vantait". Voilà un récit vif et amusant, cruel, tout en délicatesse et sensibilité, qui avance en bonds et rebonds, au fil des souvenirs toujours plus précis, plus implacables sur le père, sublime figure tragi-comique. A la manière de Je me souviens de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier raconte un père qui ne manque pas d'amour, qui se cherche longtemps, avant de se retirer, désabusé et désoeuvré, au coeur d'une famille pas comme les autres, où tout est drôle à force de noirceur, de drames sans cesse répétés, de gaucheries et de maladresses.



Mon Avis : De prime abord, j'ai eu beaucoup de mal avec le style enfantin. Fournier nous explique ce qu'à été son enfance avec les mots et les tournures de phrase d'un enfant. C'est déroutant. Mais on s'y habitue vite. Chaque chapitre raconte un évènement, un anecdote. Il n'y a pas de fil rouge, rien de franchemment chronologique. Heureusement donc que ce récit est très court sinon, il serait vraiment pénible à lire.
Quant au contenu, on y découvre un homme bon, gentil mais gâché par l'alcool. Parfois, on se demande si le tableau n'est pas un peu noirci, exagéré...J'ai du mal à savoir sur quel pied danser avec Fournier (j'ai aussi eu ce sentiment avec ses 2 autres livres).
J'ai toutefois été touchée par le message final :
Je ne lui en veux pas Maintenant j’ai grandi, je sais que c’est difficile de vivre, et qu’il ne faut pas trop en vouloir à certains, plus fragiles, d’utiliser des « mauvais » moyens pour rendre supportable leur insupportable.

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